Je viens de lire le billet “Lire à tout prix?” écrit par le Prof
Maudit. Évidemment, ce sujet qu’est la transmission du goût ou du besoin de
lire aux enfants m’interpelle. “C’est sûr, puisque tu veux devenir prof
!” Oui, en tant que futur enseignant, la capacité d’un jeune à savoir bien
lire et écrire est important selon moi. “Mais tu étudies en concentration
univers social, pas en français !”, pourraient dire certains. Si je devais
à tout prix me justifier, je pourrais bien dire que lire est un élément de
culture, de partage et de construction de son être, en tant qu’individu et en
tant que personne sociale, et donc que la lecture permet d’influencer notre
société. Mais être un amoureux des livres serait-elle une raison suffisante
pour vous ?
«Comment donc que j’peux y’en faire lire plusse?» Cette phrase m’a
rappelé un évènement qui s’est produit il y a quelques semaines à la
bibliothèque où je travaille actuellement. Une mère passait au comptoir et me
demande des suggestions de romans jeunesses pour son adolescente. Je l’avoue :
je ne suis plus trop au fait de la littérature jeunesse. Néanmoins, je
questionne la mère (puisque l’ado n’était pas présente) sur le type de
livres qui intéresseraient sa fille. Elle demande des romans ni trop courts ni
trop longs et de genres variés, car elle ne sait pas trop quels genres sa fille
préfère. Je recherche quelques titres (en fait, ce qui sort le plus en ce
moment) et les lui propose, afin qu’elle choisisse un livre ou deux.
Jusque là, rien de bien aberrant. Sauf que la mère part finalement avec la
totalité des suggestions que je lui ai exposées. Avec la ferme intention de
tout faire lire à sa fille adorée. “Dans ma jeunesse, j’adorais tellement lire
! Je voudrais tant que ma fille partage cette même flamme… Avec tout ce choix,
il est impossible qu’elle ne trouve pas chaussure à son pied et qu’elle ne
développe pas le goût de lire !” J’ai été choqué.
Le billet du Prof Maudit est grandement intéressant en ce sens qu’il
présente la distinction entre savoir lire et aimer lire. On peut savoir lire
sans aimer lire, et pourtant ce sont deux choses que beaucoup estiment trop
souvent comme étant indissociables. Le cas de la mère m’a choqué parce qu’elle
n’a pas compris que sa fille n’aime peut-être pas lire. Pour cette mère, il
était impensable que sa fille n’aime pas la lecture car elle aime la lecture.
Les gens sont tous différents et ont des goûts, des attirances, des intérêts,
des besoins différents.