Je me sens automate, ces temps-ci. Je me sens régi par des forces extérieures à moi qui contrôlent mes moindres faits et gestes. Le radio-réveil dicte l'heure de me lever, bip bip. L'agenda dicte mon horaire de la journée, bip bip. Le téléphone dicte si je travaille ou non, bip bip. La liste sur le frigo dicte ce que je vais manger ce soir, bip bip. Les amis dictent mes sorties, bip bip. (Et les factures dictent à quelles activités je ne pourrai pas participer, bip bip. System error.) Je ne contrôle plus mon corps, seulement mes pensées – et encore ! elles s'imposent à mon cerveau plus qu'autre chose. On appelle ça, paraît-il, le « blues de la fin de ce putain d'hiver qui veut pas partir et du début de ce satané printemps qui ne veut pas se pointer ».

Il n'y a pas si longtemps, je parlais avec un ami qui disait ressentir la même chose, pour la première fois depuis bien des années. Qu'il attendait impatiemment pouvoir de nouveau sortir jouer dehors. Qu'il espérait intensément le retour du soleil qui brisera la glace et le froid, et ramènera la verdure et la brise parfumée printanière. Peut-être que la réapparition de ce blues est causé par les évènements turbulents qu'il vit en ce moment ; je le comprends tellement car, dans un sens, tout en étant différents, je trouve que ces évènements ressemblent à ces jardinages que j'ai vécus et continue à vivre ces temps-ci. J'ai tellement envie de lui dire que bientôt, les rayons perceront les nuages et feront pousser des sourires sur nos visages… J'ai tellement envie d'y croire !

Le monde ne se refait pas. Bon sang ! je souhaite tant du neuf, des surprises, de la nouveauté. Mais peut-être suffit-il d'ouvrir les yeux…