Vous vous souvenez de cette scène de L'Auberge Espagnole ? « Le monde est mal fait, » disait Xavier, sur le point de rentrer chez lui.

Dans mes rêves, c'est ça que je voudrais vivre. C'est ça que j'aurais besoin avec un ami ou une amie. Couchés l'un à côté de l'autre, à partager le silence. À savourer l'instant présent, à ne dire que sporadiquement des réflexions qui nous passent par la tête. Prendre une pause avec une personne qui croit en nous, pour qui l'on est important. Juste une petite pause, un échange d'affection. Un moment de recueillement. De faire un bilan, d'envisager l'avenir. D'avoir une oreille près de soi, qui puisse entendre avec autre chose que des oreilles. Faire abstraction de ce qui nous entoure juste un petit instant, pouvoir respirer, partager ce souffle.

Et pourquoi sens-je que dans mon entourage, des personnes ont aussi besoin de prendre un moment de recul, bien à eux ? Comme elles, je me sens poussé, poussé. Poussé à la performance, à l'efficacité, à faire des choix rapides, à aller vite. Poussé au stress, poussé dans l'incertitude, poussé dans l'incompréhension, voire même l'intolérance. J'ai envie de prendre du temps, mais le temps ne se prend pas.

Parfois, le monde est mal fait.