J'ai rencontré une personne extraordinaire à l'université, au printemps dernier. Nous n'étudiions pas exactement dans le même programme, nous nous côtoyions peu. Mais Internet nous avait permis de nous rapprocher et de nous connaître un peu mieux. Il nous avait donné envie d'aller faire des activités ensemble dans la vie réelle. Néanmoins, ça a dérapé et nous ne nous sommes pas reparlé pendant longtemps. Aujourd'hui, elle a quitté l'université et a mis de côté ses intérêts pour ce programme d'études. Elle est partie vivre en France pour près d'un an. Elle m'a ajouté à sa liste de correspondants à qui elle envoie des nouvelles de son voyage. Internet me permet de garder contact avec elle. Et si elle est intéressée, nous pourrions aller prendre un café et discuter de son expérience une fois de retour à Montréal...

Une bonne amie de toujours que j'ai connue au secondaire, mais que je ne vois presque plus. Pourtant, nous habitons des villes presque voisines. Les horaires de travail et d'université incompatibles, de même que la lourdeur de son programme d'études, font en sorte que les seuls moments où nous nous rencontrons sont des évènements spéciaux, comme des anniversaires. Néanmoins, nous ne pouvons nous empêcher de nous faire un petit "Coucou !" quand nous nous croisons par messagerie instantanée, de même que de nous parler de manière beaucoup plus profonde et personnelle que si nous étions en présence l'un de l'autre dans une fête, au milieu de plusieurs gens.

Et que dire de vous, mes éternels, avec qui je discute jusqu'aux petites heures ! Internet nous permet de voir nos temps libres communs et de se donner rendez-vous autour d'une bière ou dans un club, ou encore dans un divan dans un sous-sol devant un film ou un jeu de Qui est-ce ?. Internet nous permet aussi de garder le contact quand nous ne pouvons ni ne voulons nous déplacer, mais que nous avons envie de jaser de tout et de rien, de choses banales mais aussi de choses importantes, intimes, existentielles ! Nos contacts virtuels, loin de remplacer nos sorties réelles, attisent cette flamme d'amitié qui nous rassemble, tel un feu de camp par une belle nuit d'été au ciel étoilé.

Quant à toi, Dame de la Lune, je ne peux m'empêcher de réaliser que s'il n'y avait pas eu Internet, jamais nous ne serions devenus de si bons correspondants. Nous nous serions assurément rencontrés, nous aurions passé une agréable fin de semaine ensemble, mais ça s'en serait tenu là. Et il y a eu Internet, il y a eu ton blog, le courriel, la messagerie instantanée... Le nombre de fois que nous nous sommes vus en personne se compte sur les doigts d'une seule main, mais tu comptes parmi les personnes qui me sont les plus proches et les plus chères. Tu me permets de grandir, tu me permets de respirer. Même quand je suis triste, tu es là pour sécher mes larmes et me remonter le moral. Et quand c'est toi qui es troublée, je ne peux m'empêcher de te prêter oreille et bras virtuels. Et quand tu es heureuse, je veux partager ta joie. Et quand tu es furieuse, j'entends ta frustration. Et quand tu es amusée, je joue avec toi... 60 centimètres nous séparent à peine !

Cath écrivait en mars dernier qu'une de ses collègues de travail prétendait que les TIC (blogs, forums, courriels et messagerie instantanée) isolaient les gens plutôt que de les rapprocher. En ce Jour de l'An, dans ma petite chambre au fin fond du sous-sol de ma maison, devant cet écran d'ordinateur, j'étais loin, très loin de me sentir seul.