Je déteste ma famille. En fait, la citation de Harland Ellison que j’avais ressortie à Noël pourrait très bien s’appliquer encore à cette occasion. Plus généralement, même, à toutes les occasions où je rencontre ma famille. Parce que Pâques, c’est une autre occasion où l’on ressent ces “responsabilités tout à fait artificielles de souhaiter des voeux futiles” dans “des fêtes ennuyeuses”, tout à fait faussement, “[aux] connaissances et [à la] famille qu’on évite tout le reste de l’année”. Ma famille, c’est rien qu’une bande d’inconnus que j’ai dû croiser un bon 10 fois en 20 ans. Et on ne partage pas de point commun : dans les moments “hot” de la soirée, on discute de choses tout à fait futiles et superficielles ; dans les moments plats, c’est un lourd silence où tout le monde se regarde dans le blanc des yeux, hésitant et nerveux.

Et Meuman qui me répète sans cesse : “C’est important, la famille !” Mais elle ne me dit jamais pourquoi. Je ressens tout autant d’importance envers ma famille qu’envers le fils du concierge de l’université : tous me sont inconnus. Si la famille était si importante, on devrait la voir plus souvent qu’une fois au six à neuf mois, non ? Je veux bien admettre que pour Meuman et Peupa, leurs frères, leurs soeurs et leur progéniture sont importants, car ils ont tous grandi ensemble. Eux ont partagé des bons moments entre eux. Mais moi, personnellement, je ne connais pas ces inconnus qui s’invitent dans mon humble demeure pour quelques heures deux fois par an. Je me sens beaucoup plus proche, apprécié et valorisé auprès de mes amis qu’auprès de mes oncles, tantes et cousins/cousines. Je me dis parfois que ce serait un sujet d’étude sociologique capital : en quoi la famille d’aujourd’hui est-elle importante ?

Mon calvaire de quinze minutes vient de prendre fin. Je vois ma pile de travaux comme une véritable libération ! Comme quoi procrastiner, ça peut être bon…

#Edit : Lionne Rousse m'a sorti au cinéma. Un grand merci à elle de m'avoir extirpé de cette maison de fous ! :)