Huntingdon, en 2007
Par Alexandre P. le samedi 24 février 2007, 23:46 - Projets - Lien permanent
C’est pour un travail scolaire. Dans notre cours de didactique de l’histoire, notre équipe doit bâtir une situation d’apprentissage visant à présenter un enjeu actuel de la société québécoise. Quel enjeu actuel important pourrait être abordé par une perspective historique (outre bien sûr cette sacro-sainte histoire d’accommodements raisonnables qui nous sort tous par la tête) ? Tout de suite, nous avons pensé au problème de la délocalisation des entreprises, ce qui pourrait nous amener à parler du syndicalisme, de l’évolution de l’économie au Québec, de même que les traités internationaux en rapport avec le commerce signés par le Canada. Il restait à nous trouver un moyen d’introduire le sujet…
Nous nous sommes souvenus que tout récemment, plusieurs usines de textile ont fermé leurs portes dans la localité de Huntingdon. Cette petite ville (2,58 km²) d’un peu plus de 2500 âmes, située à une quinzaine de minutes en voitures de la frontière canado-étasunienne, a ainsi vu des centaines de travailleurs mis à pied quand les Usines Huntingdon et Cleyn & Tinker ont décidé d’arrêter leur production québécoise en 2004 et 2005.
L’idée que nous avions pour notre projet était de trouver des photographies d’usines de textile datant des années prospères, celles de Cleyn & Tinker et de Huntingdon Mills de préférence, puisque nous les aurions superposées à des clichés récents de ces usines désormais fermées. Des recherches infructueuses dans Internet pour trouver des photographies intéressantes m’ont poussées aujourd’hui à me rendre moi-même à Huntingdon pour saisir des images de trois usines : deux de Cleyn & Tinker (4 rue Lorne et 142 rue Henderson) et celle de la Huntingdon Mills (72 rue Dalhousie). Malheureusement (ou plutôt heureusement), notre projet sera à revoir en partie…
Là où je m’attendais à trouver des bâtiments à l’abandon, j’ai plutôt vu des nouvelles installations dans la région. Ce sont établies à Huntingdon à ces adresses, entre autre, une usine de transformation de l’acier, une entreprise en innovation sur les pommes de terre, une usine de produits médicaux et une bibliothèque municipale. Si mon équipe et moi nous étions mieux renseignés, nous aurions appris que la ville de Huntingdon avait racheté les bâtisses en 2005 avec l’intention de transformer le quartier en parc industriel. Nous aurions aussi su que d’autres entreprises, dont une de fabrication de freins pour voitures et de transformation de matières plastiques et textiles, se sont établies dans ces locaux.
Je n’ai pas trouvé ce que je m’attendais à voir, mais fort heureusement pour la région, j’y ai vu une autre réalité. Sur les 800 emplois perdus par la fin du textile à Huntingdon, 500 d’entre eux ont ou seront retrouvés dans divers domaines. La région durement touchée par les fermetures de Huntingdon Mills et de Cleyn & Tinker aura vu son économie reconstruite et diversifiée, gage de prospérité.
[Photos prises des anciennes usines de Cleyn & Tinker et de Huntingdon Mills]


Commentaires
Alexandre, j'aimerais avoir ton courriel pour te montrer la nouvelle figure de Huntingdon Mills que tu as photographié pour ton travail à l'UQÀM. Écris moi à mairie@villehuntingdon.com. Ça me ferait plaisir de t'inviter pour une visite. Stéphane Gendron
Bonjour,
Je n'étudie plus à l'UQÀM en enseignement, j'ai quitté le programme. Néanmoins, mes collègues avec qui j'ai réalisé ce travail pourraient peut-être être intéressés par une telle invitation et être tenus au courant d'une facette de l'évolution industrielle au Québec. Je leur fais part de l'information, surtout qu'ils devront réaliser un autre projet de même envergure cette session-ci, si je ne m'abuse.