Internet et anonymat
Par Alexandre P. le samedi 10 février 2007, 16:22 - Projets - Lien permanent
Je me retrouve confronté un dilemme.
J’ai récemment commencé à faire des stages en milieu scolaire. (m’enfin, “stages”, actuellement c’est vite dit.) J’aurais bien aimé pouvoir éventuellement discuter dans mon blog d’observations que je fais dans les écoles, à l’image du Prof Maudit, du Prof Malgré Tout ou d’Une Autre Prof. Mais je me demande quelles sont les contraintes auxquelles je serais confronté.
C’est bien connu, Internet et anonymat font deux. Ou presque. Comprenons-nous bien : il est impossible d’avoir un anonymat complet dans Internet. Mais comme le démontrent les profs ci-haut cités, il est possible d’avoir un relatif anonymat, en n’utilisant pas leur vrai nom pour poster. Mais encore, eux n’hébergent pas eux-mêmes leur blog, ils font usage de plate-formes d’hébergement de blog (ici, Blogger/Blogspot) : ils ne possèdent pas de nom de domaine. Dès qu’on possède un nom de domaine, on est cuicui en matière d’anonymat.
“Et alors ?” En quoi est-ce que cela dérangerait que je poste sous mon vrai nom ? Pour protéger l’identité des élèves, futurs collègues, écoles et commissions scolaires qu’il m’arriverait de mentionner, il me suffirait de ne pas les nommer. Ce serait trop simple… Il serait bien plus simple de faire des liens entre les personnes et établissements, ou encore il y aurait plus de chance que des élèves ou enseignants se reconnaissent personnellement. À quelles contraintes suis-je alors légalement soumis ?
(Je pourrais probablement recommencer à utiliser un pseudonyme, mais ça ne règle pas entièrement le problème…)
Commentaires
Personnellement je n’ai jamais été friand de l’anonymat sur le web. Je respecte évidemment ceux qui le choisissent, mais personnellement j’assume entièrement mes propos (sans vouloir insinuer que les anonymes n’assument pas les leurs).
Après, il faut faire preuve de jugement. Lorsqu’on est soumis à une certaine confidentialité, même si c’est aberrant il est préférable de s’y soumettre.
Le blogue est une réalité technologique encore inconnue de la Loi. C’est un élément à changer. Ajouter des mesures pour protéger les blogueurs et leur assurer une liberté d’expression, dans une certaine marge. Mais au moins, assurer leur droit de parler de l’endroit où ils travaillent ou pratiquent en remplaçant les noms (voire en permettant la divulgation de noms de cadres, responsables et porte-paroles lorsqu’ils sont concernés par une incohérence). Ce que la Loi ne protège pas présentement.
Concernant les pseudonymes, je ressors une réponse que j’avais déjà donnée dans le passé, mon opinion n’a pas vraiment changé : le pseudo peut être utile pour garder une certaine part d’anonymat. Si ça ne me dérange pas, moi, que tout le monde connaisse ma véritable identité, d’autres gens peuvent trouver que c’est une intrusion dans leur vie privée et préfèrent utiliser un pseudonyme ; je respecte tout autant ce point de vue.
Le pseudonyme, s’il est bien choisi, s’il est muri et s’il nous est approprié, permet aussi d’afficher, de montrer, d’exprimer sa personne, ses forces, son être, sa personnalité dans Internet d’une manière différente que par des mots. Il permet aussi de conserver une identité constante à travers la Toile entière. L’utilisation d’un pseudonyme ne relève pas toujours de ce désir d’anonymat, qui, de toute façon, dans Internet n’est jamais complet.
Le problème que je soulève ici concerne non pas ma vie privée, mais celles des autres personnes (amis, élèves, [futurs] collègues, PNE…) : le fait de me nommer peut causer, je crois, un problème au niveau de leur vie privée (plus grande facilité à s’identifier, se reconnaître). Je prends un exemple parmi tant d’autre : un billet du PMT (http://profmalgretout.blogspot.com/2007/02/prof-roi.html). Quel effet ça pourrait avoir sur ses élèves et les parents de ses élèves, la direction, etc. si on savait que PMT s’appelait Estebán Tremblay ou Rogacien Beaulieu ? À ma connaissance, PMT n’a jamais nommé son école ou aucun de ses élèves, mais le simple fait de savoir son nom pourrait sans doute causer des problèmes…
Concernant une législation pour les blogues, comme ceux-ci sont une sorte de journaux personnels, des sortes d’éditoriaux, des espaces d’expression personnels où chacun a droit à son opinion, ne pourrait-on pas estimer que les règles régissant les éditoriaux seraient applicables ?