C’était comme si le plafond s’effondrait sur moi, j’eus envie de m’affaisser sur le sol. Ma gorge se serra à n’en plus laisser passer l’air. Je pensai alors que le meilleur ami devait chercher à être plus qu’un ami, et que je voulais être à sa place.

Je suis amoureux de Noémie, c’est clair !

Mais à ce moment-là, je n’avais qu’émis un « Oh ! » en hochant la tête, sans rien laisser transparaître de ce que je ressentais vraiment. Je portais un masque cachant mes émotions. Et aujourd’hui, maintenant, je porte encore ce même masque : je hoche simplement, stupidement la tête en exclamant un court « Oh ! », alors que j’ai envie de pleurer.

Le reste de l’après-midi se déroule normalement. Nous n’abordons plus cet appel téléphonique — après tout, comme elle ne sait pas que je l’aime, elle n’a aucune raison de m’en parler plus longtemps —, et j’en finis presque à l’oublier. Presque, car reste quand même dans ma gorge cette impression de serrement.

À ce moment, j’ai envie de me lever et de déclarer à Noémie : « Avant qu’il ne soit trop tard, il faut que je te dises que je suis follement amoureux de toi. » Mais je reste figé au sol, les yeux vitreux un court instant, lâchant un léger râle de douleur.

On a probablement tous déjà porté un masque un certain temps devant l’être chère. Et parfois, pressé par les circonstances, il nous faut retirer prématurément ce masque. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’opportunité nous glisse entre les doigts, sans que nous ayions essayé ne serait-ce qu’un peu de s’afficher tel que nous sommes réellement.