Plus tôt la semaine dernière, je complétais mes deux cadeaux que j’offrais à Petit Nuage et à Fauvette : ce sont des cadres dans lesquels, pour l’une, j’ai mis une image digitale rigolotte (mais représentative de la personnalité de mon amie) trouvée sur DeviantArt et pour l’autre, un dessin que j’ai moi-même réalisé (un exploit, compte tenu de mon pas-de-talent en dessin !). Je leur ai aussi rédigé chacune un petit mot d’amitié et de remerciement. Très sincèrement, ces cadeaux sont simples, mais viennent du fond du coeur ; j’en suis fier. C’était en toute gratuité et en tout plaisir que je me suis donné à fond dans ces cadeaux.

Puis, hier, je me suis rappelé : « Tiens, c’est Noël, je devrais envoyer un mot d’amitié à mes autres connaissances. » Sorte de devoir, d’obligation. Hop, j’ouvrais une nouvelle page de rédaction de courriel, j’entrais les nombreuses adresses des destinataires… et j’ai bloqué. J’aurais tant aimé leur envoyer un petit mot plus élaboré et plus chaleureux que les traditionnels préformatés “Joyeux Noël à tous et bonne année 2007″ sans me casser la tête, mais rien ne vient. Et si je leur envoyait une citation ? C’est sympathique et c’est vite-fait : une idée géniale pour se débarrasser d’une tâche rébarbative et qui aura le même résultat escompté que si j’avais investi 35 heures à rédiger un petit mot, c’est-à-dire faire sourire les copains pendant une dizaine de secondes avant que le message parte à la corbeille.

Direction : Wikiquote à la section “Christmas”. C’est à ce moment que je tombe sur cette citation de Harland Ellison (in “No Offense Intended, But Fuck Xmas!”, The Harlan Ellison Hornbook) (traduction à l’arrache, version originale en anglais sur Wikiquote) :

Noël est une atrocité qui rivalise avec la grande peste de Londres et l’incendie de 1665-66. Personne n’échappe aux sentiments mortels de découragement, d’insuffisance, d’anéantissement, de solitude, de culpabilité et de pitié. Personne n’échappe à ces sentiments utilisés par la société, la religion, les amis et la famille, par les responsabilités tout à fait artificielles de souhaiter des voeux futiles, d’envoyer des cartes banales, d’échanger des cadeaux indésirables, d’aller dans des fêtes ennuyeuses, de se retrouver avec les connaissances et la famille qu’on évite tout le reste de l’année… en bref, d’être brutalisé par une « fête » qui a perdu virtuellement toutes ses significations originales et est devenue un stratagème de vente pour les fabricants de téléviseurs couleur et les dévasteurs des régions boisées.

Rien à ajouter.

PS : Non, je ne leur ai pas envoyé cette citation. Je ne suis pas si cruel. Je n’aimerais pas être responsable de la perte de leurs illusions !
PPS : Joyeux Noël à vous aussi.