Eh oui, comme vous l’avez sûrement remarqué, c’est une merveilleuse année scolaire qui commence. Au Québec, on a le bonheur et la chance incroyable d’avoir la scolarité gratuite. Gratuite? Vraiment? Eh bien, en théorie, c’est effectivement le gouvernement qui paie pour que nous, jeunes québécois, ayons gratuitement accès à l’enseignement. En réalité, la scolarité gratuite ressemble beaucoup plus à une ironie lorsqu’on arrive au CEGEP et qu’on doit dépenser des sommes astronomiques en manuels scolaires et autres fournitures. En effet, qui dit école sous-entend livres, car il est évident que l’un n’est rien sans l’autre. Et les bouquins en question, eux, sont loin d’être gratuits. Après avoir acheté manuels, cahiers et autres documents pédagogiques, la facture s’élève facilement à quelques centaines de dollars et ce, seulement pour une session. Rajoutons à cela les essentiels crayons, effaces et autres gadgets essentiels et après quelques jours de magasinage intensif et obligatoire, la gratuité scolaire, on n’y croit plus.

Reste la question du transport scolaire. Au primaire ainsi qu’au secondaire, le transport est fourni à un coût relativement modique à défaut d’être gratuit. Mais une fois rendu au niveau collégial, l’étudiant doit se débrouiller par ses propres moyens pour trouver un moyen de transport. Il y a bien sûr les quelques chanceux qui habitent à quelques pas du collège, mais la majorité doit se déplacer en voiture ou utiliser les transports en commun. Effectuons quelques rapides calculs. Pour être conducteur de son propre véhicule, il faut payer les assurances, les plaques d’immatriculation, le renouvellement de permis et l’essence qui se fait de plus en plus coûteuse, sans compter les éventuelles réparations. Bref, il faut littéralement être riche. Les usagers du transport en commun, eux, devront défrayer les coûts des billets d’autobus, de métro, de taxi collectif ou encore, se procurer un laisser-passer mensuel.

En résumé, disons simplement que le terme gratuité scolaire représente plus une utopie qu’une réalité. En effet, on ne peut espérer aller à l’école sans livres ni transport. Donc, le terme le plus exact pour désigner la situation actuelle du système d’éducation québécois serait «scolarité subventionnée». Cette appellation permettrait au moins au citoyen moyen d’éviter de se complaire dans l’illusion de la gratuité scolaire.

Pour montrer mon total accord avec cet article, je ne dirai qu’au premier jour de cours, je suis allé me procurer quatre manuels scolaires à la coop étudiante: mes achats se sont élevés à plus de 158$ ! Une chance que je suis allé à la Coop, j’ai pu profiter d’un rabais en tant que membre :?. J’ajouterai que j’ai la chance d’avoir un papa et une maman qui payent la totalité de mon matériel. Ils ont fait un virement de 300$ sur mon compte bancaire pour payer mes livres, cahiers et documents ; à la fin de la première semaine, il en restait 30$ ! Et je n’avais pas encore terminé mes achats ! Il restait encore les fournitures à acheter. :-/

Comme quoi la gratuité à un prix: plus de 300$…