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Histoires

L’écriture, un moyen d’évasion, d’échapper temporairement à cette réalité que l’on tente parfois de rendre neutre, impersonnelle, et de façonner un minuscule univers (merveilleux ?) à mon image.

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mercredi 18 juin 2008

Écrire une histoire

J'ai remarqué que ça presque un an que je n'ai pas écrit de texte. Que ça me démange aussi, que j'ai souvent envie d'écrire quelque chose, mais que souvent aussi je ne prends pas le temps d'écrire.

J'ai essayé de commencer un brouillon, hier soir. "Essayé" et "brouillon" sont des mots importants, ici. Ce n'est pas que j'ai rien à raconter dans le texte que je veux écrire. Ou plutôt, si.

J'ai bien la base, l'idée globale de l'histoire : couché dans son lit, un homme a de la difficulté à s'endormir. Car à son côté, une demoiselle, une bonne copine, vêtue de son plus beau rien-du-tout. Il la regarde, il la caresse. Ce que je souhaite raconter, c'est ce court instant, ce moment-là : que ressent l'homme quand il est allongé au côté de cette demoiselle qu'il aime. Et ce qu'il ressent en même temps quand il est conscient que cette femme-là n'est pas à son côté en ce moment-même, qu'elle n'est que le fruit de son imagination. Ce qu'il ressent quand ce fantasme lui fait du bien et lui fait du mal.

Le problème, c'est que je n'ai pas de milieu.


"Letter Eater", par Vlad Gerasimov

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samedi 30 juin 2007

Au sommet

Eh bien, j’en ai cherché, un titre pour cette nouvelle. Malheureusement, je suis un éternel insatisfait, et le titre de cette nouvelle est resté trop longtemps Titre. Alors, voilà, je l’ai nommée Au sommet pour le moment ; si vous avez une idée géniale, n’hésitez pas ! Un titre, ça se change s’il y a une meilleure option. ;)

Tu soutiens mon regard quelques secondes, impénétrable, puis le dévies dans le vague des nuages qui galopent au-devant. Tu ne dis rien. Tu n’en as pas besoin. Ton silence est si criant, tant révélateur. Je regarde le coin de tes yeux verts, le bout de ton nez rond, la commissure de tes lèvres ; rien ne bouge, rien ne frémit. Je lève les yeux vers le zénith et les clos. Ils s’embuent, ils s’embrument, je ne veux pas que tu le remarques.

Il m’arrive de prendre un fragment de ma vie, une toute petite phrase entendue ou lue, et d’halluciner une histoire autour de celle-ci. C’est le cas ici. Je ne saurais dire si j’aimerais qu’elle se produise réellement. Mais actuellement, elle me ronge… elle me ronge.

samedi 16 décembre 2006

Réalité

« Comment dit-on à quelqu’un qu’on l’aime ? »
Je pose cette question à Sophie, ma meilleure amie. Nous venons tout juste de descendre de l’autobus et entrons dans le collège, en parlant d’un peu n’importe quoi. Nous marchons le long du couloir menant à son casier. Profitant d’une seconde de silence, je lui lance cette question qui me brûlait les lèvres.

Cela fait plusieurs années que je connais Sophie. Nous nous sommes rencontrés il y a environ six ans, dans un cours de théâtre. J’y ai forgé une solide amitié avec une fille qui, encore aujourd’hui, m’est très chère.

« Je ne sais pas, répond Sophie. Sur le plan amoureux, je ne suis pas la personne la plus qualifiée pour t’aider ! »

Encore un moment de silence. Sophie pousse un petit soupir, d’exaspération.

« Sérieusement, dis-lui simplement ce que tu ressens pour elle, en toute franchise et sans détour. C’est très certainement la façon la plus intimidante de déclarer sa flamme, mais c’est la manière la plus efficace. »

Je hoche la tête, méditant la réponse de mon amie.

« Sophie, je t’aime. »

Autre silence.

Ai-je bien fait de déclarer mon amour à Sophie ? Ou aurais-je dû me taire et me contenter de cette belle et forte relation d’amitié qui nous unis ? Là n’est plus la question, car désormais le fait est accompli : elle connaît maintenant mes sentiments­. Et il m’est impossible de gérer comment elle réagira.

lundi 31 juillet 2006

Derrière le masque

C’était comme si le plafond s’effondrait sur moi, j’eus envie de m’affaisser sur le sol. Ma gorge se serra à n’en plus laisser passer l’air. Je pensai alors que le meilleur ami devait chercher à être plus qu’un ami, et que je voulais être à sa place.

Je suis amoureux de Noémie, c’est clair !

Mais à ce moment-là, je n’avais qu’émis un « Oh ! » en hochant la tête, sans rien laisser transparaître de ce que je ressentais vraiment. Je portais un masque cachant mes émotions. Et aujourd’hui, maintenant, je porte encore ce même masque : je hoche simplement, stupidement la tête en exclamant un court « Oh ! », alors que j’ai envie de pleurer.

Le reste de l’après-midi se déroule normalement. Nous n’abordons plus cet appel téléphonique — après tout, comme elle ne sait pas que je l’aime, elle n’a aucune raison de m’en parler plus longtemps —, et j’en finis presque à l’oublier. Presque, car reste quand même dans ma gorge cette impression de serrement.

À ce moment, j’ai envie de me lever et de déclarer à Noémie : « Avant qu’il ne soit trop tard, il faut que je te dises que je suis follement amoureux de toi. » Mais je reste figé au sol, les yeux vitreux un court instant, lâchant un léger râle de douleur.

On a probablement tous déjà porté un masque un certain temps devant l’être chère. Et parfois, pressé par les circonstances, il nous faut retirer prématurément ce masque. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’opportunité nous glisse entre les doigts, sans que nous ayions essayé ne serait-ce qu’un peu de s’afficher tel que nous sommes réellement.